Cascasis-Gracioza 
 

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Cascais (Portugal) – Graciosa (Canaries)

Départ : mercredi 1 février 17h00
Arrivée : Lundi 6 février 15h30

C’est donc à 3, puisque Pierre a été shangaïé par une goélette pirate bretonne dont l’armateur n’ a pas jugé bon de nous prévenir, que nous partons pour une direction inconnue. Nous ne connaissons pas encore notre destination : sud du Portugal, Madère ou Canaries ? Tout dépendra de la météo.

Après nos différents pèlerinages (Santiago, Fatima…) tout l’équipage a pu mettre en pratique une valeur que nos nombreuses prières ont fait naître en nous : le Partage…Nous avons donc partagé nombres de nos repas avec les poissons !
En effet, après un départ sous le soleil nous avons enduré un force 5, 6 sous les grains, avec grosse mer traversière, paquets d’embruns,…Eric a passé une nuit à méditer sur le Partage dans le cokpit alors que je dormais paisiblement dans ma cabine personne ne me réveillant pour les quarts (le capitaine dit que le reste de l’équipage ne voulait pas risquer un Partage à l’intérieur de Pythéas !).

Hormis ces 30 heures de mauvais temps (ce n’était pas du vrai gros temps…), tout s’est plutôt bien passé et nous avons appris qu’il ne faut jamais se réjouir trop tôt sur Pythéas III. En effet, le capitaine n’avait pas fini de dire : « Enfin plus de cirés, ça fait du bien ! » Le mauvais temps est arrivé ! Ou bien en face du cap Saint Vincent le capitaine à eu cette malheureuse phrase : « Enfin, nous quittons l’Europe ! »…Et là Pythéas s’est mis à tourner dans tout les sens comme un ivrogne qui titube : Pythéas le bateau ivre ? Impossible, il n’y a pas de poète à bord et non seulement l’absinthe mais tout alcool est interdit pendant les traversées. Il nous faut donc trouver une autre explication : La barre à roue ne répond plus ! Le capitaine toujours très pessimiste pense que le système hydraulique de barre a lâché et…qu’il faut donc faire une escale au premier port, en Europe ! Heureusement ce ne sont que des écrous mal serrés qui avaient désolidarisé le vérin du secteur de barre qui furent re-boulonnés avec dextérité par un capitaine fou de rage (comme le capitaine Haddock) contre le… (censuré) de bachibouzouck qui a fait ce travail de…(re censuré). Il faut avouer qu’après l’écrou dans le cylindre et la Belle Lulu (BLU) qui marche quand elle veut il y a peut être de quoi !

Les derniers jours de navigations furent assez calmes, nous en avons profité pour prendre des vrais repas, se laver, buller et lire au soleil (surtout le narrateur qui n’est pas très pro-actif dixit le capitaine).
Bien sur les dauphins étaient au rendez-vous, particulièrement la nuit où ils nous offraient des ballets féeriques dans un eau planctonneuse qui les entouraient d’une myriade de points phosphorescents dessinant leurs contours ! Nous avons même aperçu des cachalots en arrivant aux Canaries où nous décidions de faire escale à Graciosa.
Graciosa est une petite île habitée par quelques dizaines de familles de pécheurs avec un port comme autrefois, deux pontons, pas d’électricité et d’eau courante sur ceux-ci, des petites maisons carrées et blanche sans étage aux volets bleus, un décor lunaire et désertique et une vue superbe sur les anciens volcans et les falaises basaltiques de Lanzarote…le paradis !
Il y a deux petites maisons à vendre et le capitaine rêve déjà à Robinson Crusoë ou à « Château Graciosa »…

Il était plus que temps d’arriver dans ce paradis oublié du tourisme de masse et du luxe de la civilisation :
En effet, dès le lendemain matin notre atterrissage était salué par la 1ère dépression annoncée par notre ami et routeur Daniel Tranchand : vent de 20/25 nœuds de sud atteignant 35/40 (force 8…) entre les îles par effet venturi est arrivée.
Le capitaine pratiquant le trop fort n’a jamais manqué des Glénans (sans bouffarde au bec…) et la philosophie du ceinture & bretelles (pourtant il n’a pas beaucoup maigri et n’a pas besoin de bretelles…) a triplé les amarres et renforcé celles du voisin absent pour qu’il ne se vautre pas sur Pythéas (qui sait une goélette aurait peut être aimé…mais pas le capitaine).
Ce faisant il faut avouer qu’il n’a pas eu tout à fait tord compte tenu des coups de gîte que Pythéas prend dans les claques bien qu’il soit solidement amarré au ponton et du hurlement du vent dans les haubans et l’éolienne.
La seconde dépression nous prédit 25/30 nœuds de vent de sud/sud-est et 45/50 nœuds entre les îles (force 9 !), bonjour !…on descend l’éolienne dès que l’on peut pour qu’elle ne décolle pas !

 
 
 

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